Finlandia

_DSC0872.JPGLa langue finnoise a quelque chose d'étonnant, même pour un linguiste et traducteur de formation. L'écriture a quelque chose qui irrite l'œil avec ses voyelles répétées à trémas. Elle déchire l'œil avec ses "k" qui sont aussi souvent répétés dans le même mot. Les mots sont souvent longs. La surprise vient à l'écoute, cette langue est douce comme un biscuit de Noël à la cardamome. Elle a des agréables rebondissements et les mots ne se terminent pas par un coup de glotte, par un slap ou par une dentale. Souvent le mot se termine la bouche ouverte en laissant glisser/couler un son qui provient du haut de la glotte. Si vous dites en français le mot Mikko, vous ressemblez à un singe de zoo hébété qui met la bouche en "O" pour vous interroger. En finlandais vous dites "Mi", le "i" monte avec douceur en se rallongeant, vous faites une pause, et le "kko" se dira "kô" court en faisant à la fin un doux "h" expiré. Mikko est un prénom usuel très courant et typique. Merci se dit "Kiitos", mais il faut "faire un "ki" où le "i" doublé est assez aigu, est joyeux et long, et le "tos" se fera avec un "t" franc qui s'approche d'un "d" et il y aura le "ô" et un doux "s" qui sera rallongé avec plaisir.

_DSC0879.JPGLes finlandais ne sont pas des gens énervés. Sur la route ils s'attendent aussi toujours à être en face d'un renne, mais ne font pas comme les français un freinage brutal avec un remix du test de l'élan. D'abord ils ne freinent pas mais laissent filer la voiture en se rabattant mollement à droite jusqu'à l'arrêt. Et même si le/les rennes sont de l'autre côté, les finlandais laissent les rennes se décider. Les rennes n'ont jamais de mouvements brusques ou imprévisibles. Ils traversent la route, s'arrêtent pour se gratter l'oreille d'une patte arrière, vous regardent avec leurs cornes veloutées et nobles. Ils ont un pelage dans lequel on a envie de faire glisser sa joue des heures comme contre la joue d'un être cher pour fréquenter le vivant et partager la vie.

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Les finlandais ne sont jamais énervés, mais leur manière de marcher est caractéristique du nord au sud du pays. Le pas est toujours très décidé, que ce soit un jeune ou une mémé gantée (en juillet...) de 80 ans qui avance avec ses bâtons de ski de fond. Ils balancent leurs bras comme pour le défilé du 14 juillet sur les Champs Élysées. Les bras cisaillent en montant très haut, le rythme est vigoureux, la régularité est horlogère, le menton est haut placé, la tête ne pivote pas de droite à gauche, le regard est déterminé en avant. Dans une telle démarche tout horizon est à portée de pieds sans perdre le nord. On ne lambine pas, mais tout ceci sans hectique.

Aujourd'hui, c'est dimanche, mais les gens sont habillés sans chi-chi, chaudement en revenant de la kirkko luthérienne dans laquelle il y a en haut dans le cloître, visible par tous un énorme triangle maçonnique avec l'œil.

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