Marias och Leifs Gästfrihet i Sturkö - L'hospitalité de Maria et de Leif à Sturkö

Comme je vous l'écris depuis le 6 juillet, il n'y a pas de hasard, ce n'est que le destin - Det finns ingen tillfällighet, det är bara ödet.

Le jour de mon premier départ, pour ce qui aurait dû être Nordkapp 3.0 ou ma 7ème expédition arctique à vélo, je rencontre à mi-chemin entre Strasbourg et Rostock, dans un hôtel à Göttingen un suédois de Kalmar qui était avec une Mercedes 170 de 1954. C'était la première personne à qui je parlais depuis Strasbourg. C'est lui qui m'a appris cette phrase en suédois sur le destin, et j'ai donné ce nom à mon voyage de cet été 2017, "det är ödet".

Puis lors de mon second départ le 22 juillet, mais cette fois-ci en MG, les premières personnes que je croise dans un autre hôtel de Göttingen sont de nouveaux des suédois. L'arrière-arrière-arrière... grand-père du propriétaire de ce second hôtel, Hotel Beckmann, toujours choisi à l'aveuglette sur booking.com, a tout simplement été à Upsala étudier chez Carl von Linné le célèbre botaniste et taxinomiste suédois qui a inventé l'appellation binomiale des espèces variétales et des races animales. Le buste en marbre de cet ancêtre est dans la réception de cet Hotel Beckmann.

Et chaque jour le destin, tout cet été, a continué à m'étirer du passé vers une nouvelle lumière, mais de manière chronologique. Un fin tricotage qui contient un sens malgré-moi. Il faut dire beau-gré moi.

Avant, encore en Allemagne, juste après Göttingen ma route choisie par le GPS m'a conduit à la Fagus-Werk, l'usine construite par Walter Gropius en 1911, qui est la première apparition du Bauhaus dans l'architecture industrielle. Et justement je fais tous les semestres un dizaine de cours de design et d'architecture sur le Bauhaus avec mes étudiants.

Et il y a eu la rencontre, tout autant fortuite mais tellement primordiale à Kleinströmkendorf am Salzhaff, de Thomas Petsch, constructeur des motos Munch Mammout, qui m'a recueilli dans son hôtel, alors que je sombrais dans le désespoir après l'abandon de ma 7ème expédition arctique à vélo dès le 1er jour de route. Thomas Petsch accompagnait avec simplicité son cancer, nous nous sommes dit pendant 5 jours d'échanges les choses primordiales et 6 jours après il est mort, mais en m'ayant donné le courage de relever ma tête.

Et cette rencontre avec le destin en a révélé plein d'autres. Car non loin de Kleinströmkendorf am Salzhaff, à Rostock où jai l'habitude de laisser ma vraie voiture dans un hôtel, il y avait l'exposition sur le peintre est-allemand, Wolfgang Mattheuer, que je connais au moins depuis 20 ans avant la Chute du Mur de Berlin. C'était un peintre dissident, mais qui a été suffisamment subtil dans ses tableaux, qu'il n'avait pas été extradé de la RDA. Selon ce peintre, "il avait peint des non-libertés, et après la Chute du Mur de Berlin, il avait toujours peint des non-libertés". En 1979 ou 81 j'avais exprès fait en DKW F12 de 1965 un aller-retour Strasbourg Kassel pour voir des peintures de Wolfgang Mattheuer. En rentrant, j'avais fait un serrage, c'était un 3 cylindres deux temps.

Et de fil en aiguille, je répète sur mon travelblog "det finns ingen tillfällighet, det är bara ödet" , parce que l'événement du jour en est à chaque fois l'illustration.

Ainsi, à Falun au camping, je trouve à la recepsjon une brochure sur le peintre Anders Zorn plus loin dans le nord à Mora. Or le 27 mai 2017 j'avais découvert ce peintre dont quelques tableaux illustrent l'un de mes billets de mon site d'analyse économique et financière www.renovezmaintenant67.eu .

Pas loin de Falun je découvre la maison où Carl von Linné s'est marié.

En descendant sur Karlstad je visite la maison du poète Gustaf Fröding. Mais à 600 kilomètres au sud, à Sturkö près de Karlskrona, le patron du camping où je suis actuellement est en parenté directe avec Gustaf Fröding.

Et pour faire cette route, je tombe, toujours enivré par le destin, directement sur une portion de la route faite l'été 2016 à vélo en remontant au Nordkapp pour la deuxième fois, puis une autre portion faite à vélo l'été 2011 en descendant de Kilpisjärvi et de Stockholm à vélo.

Je retombe aussi sur la manufacture de verre de Rosdala pour la 3ème fois, et sur le filmbyn de Pippi Långstrump pour la 2ème fois, tout ceci en laissant toujours le choix de me diriger à Google Maps, à booking.com et au portail SCR de réservations des campings en Suède.

J'avais donc raconté à Leif Svensson, le directeur de ce camping qu'il y avait il y a 40 ans, une suédoise, chorégraphe, Gunilla Lervik, que j'avais énormément appréciée. Leif a fait ses recherches et c'est une artiste bien connue en Suède qui habite toujours près de Göteborg et Malmö.

L'année dernière je suis passé à 5 kilomètres de sa maison à vélo, le 25 juillet encore une fois à 5 de sa maison en MG, et demain je quitte de manière anticipée le camping de Sturkö pour aller sonner chez elle.

Gunilla Lervik, que vous voyez en photo, est aussi artiste peintre et s'est donné comme tâche de reproduire sur des oeufs de Pâques / Påskägg toutes les scènes des tapisseries de Bayeux. Elle en a fait déjà le tiers. Moi-même je l'avais peinte à l'huile sur un grand tableau, quand elle avait dansé sur une scène à Strasbourg vers 1981. J'ai toujours ce tableau. Elle faisait de la chorégraphie moderne un peu à la Pina Bausch.

C'est une belle femme, j'aurais bien aimé vieillir avec elle. Je crois qu'elle a toujours beaucoup à raconter. J'ai l'impression que son visage a toujours fait partie de ma vie. Enfin son aspect actuel semble être familier de mon visage actuel et de mes visages passés.

C'est ce soir que Leif m'a donné toutes ces informations. Mais ce matin j'ai traduit de Tomas Tranströmer "Övergångsstället - Le point de passage", toujours simplement dirigé par la force de la rue du destin, cette rue qui m'entoure comme un essaim.

De ce livre de poèmes de Tomas Tranströmer de 485 pages je feuillette, me laisse attirer et je me lance dans la lecture, puis la traduction. Ce matin j'ai traduit en français et en allemand, je préfère la version allemande, de mes traductions. Mais rien ne vaut le suédois.

Ce destin qui m'étire du passé vers une nouvelle lumière. J'ai écrit tout l'été des dizaines de fois cette phrase, qui pour moi n'avait jamais rien de magique, mais qui n'était qu'une description bilanaire des instants composés par chaque jour.

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