den okuvade författaren August Strindberg - l'écrivain insoumis Auguste Strindberg

 

 

Je n'aime que les gens insoumis et ils sont excessivement rares ou quasi inexistants.

Une fois, il y a 3 ans, l'un de mes étudiants avait subitement et bruyamment plaqué son bloc-notes sur la table en me disant "Monsieur, je vous ai compris".
Je m'étais alors déchaussé de mes lunettes en lui disant qu'il avait de la chance parce qu'à 63 ans je ne sais toujours pas qui je suis.
Il m'a alors répondu >>> "Mais si, vous parlez toujours au second degré. Mais pourquoi?". Et du tac-o-tac je lui ai répondu >>> mais parce qu'au 1er degré je m'emmerde".

 

 

Strindberg, comme Ingmar Bergman avait définitivement modifié ma vue depuis mon adolescence et ma vie d'étudiant.
En passant dans leurs chambres d'opération on avait définitivement une transplantation.

Depuis toujours j'ai une grande inquiétude pour chacun des mots, et je ne les contourne jamais mais je les attaque de manière frontale comme de tout autre angle.
Et pourtant,  je ne fais jamais dire au mot n'importe quoi, mais l'approximatif, le relatif, le fugace et le prégnant du langage sont mes sources.
Par une prétention totalement indélicate, je dis de moi que je suis un créateur de langage mais jamais un répétiteur.
Je n'ai pourtant jamais eu à lutter contre la tentation du palimpseste, que Borges voyait empaqueter chacun d'entre nous.

Strindberg n'avait strictement rien pour plaire aux bourgeois.
Il était anti-nationaliste, anti-militariste, anarchiste, se battait pour la classe inférieure, pour l'amour libre et les expériences, i
l posait les questions de la femme, de l'enfance. Il a été influencé dans toute son œuvre par Nietzche, Darwin
ou par le livre "Sex und Charakter" du docteur et philosophe Otto Weininger.

Il a aussi été musicien, peintre, philologue, et s'était lancé dans la photographie expérimentale bien avant Alexander Rodtchenko.
Les grands peintres comme Edward Munch, Anders Zorn ont fait son portrait. Strindberg était une figure.

Curieusement les couvertures de ses livres reprenaient les codes graphiques de l'Art Nouveau alors que son objectif n'avait jamais envie d'être plaisant, mais d'inverser toute hiérarchie des normes et jamais juste de se démarquer.
Chacune de ses oeuvres était une gifle.

Les huiles de Strindberg sont de l'art abstrait avant la lettre.

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