till Karlshamn

 

En fait, depuis la cathédrale luthérienne blanche de Helsinki, depuis la maison d'August Strindberg de Stockholm, depuis Fårö sur les tournages d'Ingmar Bergman et depuis Visby sur l'Île de Gotland, où j'ai partout obtenu ce que j'ai voulu, mon pilgrimsleden est terminé dans ma tête depuis longtemps et je refais des kilomètres comme lors de toutes mes expéditions arctiques à vélo à traction animale.

Et les six étapes depuis Oskarshamn jusqu'au sud de la Suède au ferry à Malmö sont presque de trop. Je vais tout de même passer par Malmö, la ville de Gerd Windgård, de Santiago Calatrava... comme voulu au départ!

Tous les étés quand je redescendais vers le sud, j'écrivais que je descends dans la nuit, puisque les jours étaient considérablement plus longs voire de 24h au Nord.

Maintenant je ne fais que de redescendre vers le jour, car chez nous à Strasbourg les jours sont considérablement plus longs qu'ici. Je laissais derrière moi le jour circadien, et là je laisse derrière moi la nuit circadienne.
Y a-t-il une préférence? La lumière et les  chevauchements sans termes des crépuscules et des aurores. Les ténèbres me siéent moins. Parce que je suis plus longtemps en intérieur pour ce voyage septentrional d'automne.

Maintenant se repose la question, que sont les ténèbres, où sont les ténèbres, sont-elles une vue de l'esprit?
Si nous revenons au   monolithe Viking       du Gotlands kulturhistoriskt Museet qui a une ligne horizontale qui partage les deux mondes, celui du dessus et celui du dessous,
nous voyons que les ténèbres ne sont pas une fin ni une disparition mais confèrent esprit, intention et déplacement. Rament dans le drakkar des ténèbres les marins vers le soleil levant.
Les ténèbres sont-elles une boucle dextrogyre dont la force centrifuge renvoie sur le dessus à la lumière du levant?
 

Pour l'Homme approximatif de Tristan Tzara il se peut que l'Homme soit comme le chat de Schrödinger, tout autant au-dessus qu'au-dessous, dans le levant et le couchant, dans le milieu qu'aux alentours et que la question ne se pose pas. Nous voyons bien ici aussi, à l'instar des crépuscules et des aurores qui se confondent au-dessus du Cercle Polaire, que behaviour et Gestalt se confondent et se confondent tellement plus que les philosophes de ces deux bords aient bien voulu nous le faire entendre ou oublier.

C'est pourquoi je dépasse "l'Homme approximatif" de Tristan Tzara et je parle de l'Homme aléatoire. L'approximation est une hésitation, l'aléa nous arrive. Je sais ceci d'autant plus que j'ai fait plus de 13.000 kilomètres autour de Napapiiri, du Cercle Polaire. Ce n'est pas parce que mon vélo se trouve sur une verticale que je suis orienté. Orienté n'a pas non plus d'inverse à avoir. A mon avis l'important est le mouvement. A chacun sa mythologie et son exercice comme pour les oies  ou pour le monolithe de la station Shell: "Länge leve korven  -  Longue vie à la saucisse".

"Be distinctive", s'époumonaient à dire mes étudiants en Master Grande École de l'École de Management de Strasbourg. A chacun son stratégique et son opérationnel.

Une fois de plus, je n'ai fait qu'un voyage dans la tête. Jusqu'à hier soir j'ai été assis sur le vélo 48 heures en 19 jours pour seulement 900 kilomètres et jai fait 1708 photos et j'ai écrit 87 reportages et c'est la 14ème année que je décris mes expéditions écossaises, féringiennes, nordiques et arctiques en Hotchkiss de 1925, en MG de 1980, en vélo couché, à vélo droit et in fine à vélo électrifié.

Aujourd'hui mes pistes cyclables continuent à longer la Baltique pour me conduire au camping de Karlshamn. Évidemment dans le Royaume de Suède les villes portent souvent le nom de leurs rois et de leurs Drottningar, les reines.

Cette région depuis Stockholm est tellement humide que le travail forestier nécessite toujours des engins équipés de chaînes ou de chenillettes.

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