




Le tour d'aujourd'hui contient deux parties, celle-ci et les gravures rupestres >>> Hällristningar i Högsbyn - les gravures rupestres / tour n°5 Håverud
A l'aller, ma petite route de montagne longeait le voie ferrée et le Dalslandskanal. Il y avait à l'aller sur plus de 9 km des montées à 21%. Quand je ne peux plus rester au-dessus du seuil de stabilité de 4,6 km/h, je suis obligé de descendre du vélo et de pousser. Cette route est interdite aux autos avec caravane, au camions de plus de 3,5 tonnes, aux attelages à 4 essieux.
Toute la journée j'ai été sur mon parcours seul sur la route, sauf dans les villes de Dals Långed et de Bengtfors. Ce fut mon parcours le plus difficile, mais aussi le plus magnifique après ceux de mes virées sur la côte ouest au Kattegatt et au Skagerrak. D'ailleurs, vous allez le remarquer, je n'avais pas aujourd'hui mes smart glasses sur le nez, et il n'y aura pratiquement que des photos de la route. J'ai passé 5 ponts mobiles, tournants ou verticaux, j'ai passé une série innombrable de pont, j'ai passé x-fois des écluses, car il n'y a pas que celles du Dalslandskanal, il y a aussi celles qui relient plusieurs lacs qui ne sont jamais à la même hauteur, et des lacs il y en a partout. Pour un alsacien, c'est une nouveauté que des lacs ne se trouvent jamais à la même hauteur, ça ne rentre pas dans le domaine de l'entendement. Bien sûr, il y a dans les hautes Vosges le Lac Vert et le Lac Blanc, l'un se déversant dans l'autre, mais ça, c'est une attraction pour touristes ennuyés de la vie qui vont sur le rocher du Hans. Ici les lacs sont comme des notes de musique sur une partition, ils composent et nous englobent sans nous écarter ni nous contourner.
Les aciéries et papeteries Bollingfors Bruk qui se trouvent à la jonction de 2 lacs, de 2 ponts mobiles, de 4 écluses du Dalslandkanal, et qui se voient de loin avec leurs fumées et vapeurs d'eau qui s'élèvent, sont une ode à la forme et aux activités. Elles datent de 1738. Quelle belle usine. Ici, usine devient un mot d'une grande amplitude.
Dans les derniers 500 mètres j'ai failli entrer en collision frontale avec un chevreuil. Je descendais la dernière pente à 30 km/h et à même pas 10 mètres de moi a sauté un chevreuil en traversant la route. Mon éclairage de route était en position phare, mais il n'a pas hésité. Avec les lumières qui ont diffusé en moi sur 1910 kilomètres en 24 jours de route, le civet de cycle-thériantrope aurait été de bon goût. Et arrivé au Vandrarhem il y avait au pied de l'escalier un autre chevreuil qui m'attendait, visage tourné vers moi et les oreilles verticales et écartées à 82°. Lui aussi sait ce que je viens faire par là. Exister.
Je suis rentré à 19h41, fatigué.
1910 km en 24 jours de route depuis le 27 août.