Cri d'alerte de la marmotte d'Alsace à La Rothlach en montant au Champ du Feu


Post optimisé pour écran 16/9

Bien que tripatride avec mes trois patries d'adoption, la Finlande, la Suède et la Norvège qui sont fermées depuis janvier à cause du Covid-19, mon cycle d'expéditions arctiques et nordiques à vélo à traction animale et depuis l'automne 2019 à vélo électrifié est interrompu par un tricotage dans la plaine d'Alsace et la plaine du Pays de Bade entre les Vosges et la Forêt Noire par dessus le Rhin. J'ai assez rapidement commencé à apprécier ce confinement géographique et c'est assez drôle d'être à chaque fois sur un sommet et de regarder la ligne noire des Vosges ou la ligne verte du Schwarzwald.

D'un point de vue de cycliste il est un peu plus facile de monter du côté "rive-gauche" que du côté de la Forêt-Noire qui est plus abrupt. Je n'avais aujourd'hui pas plus de 12% alors là-bas on est vite au-dessus de 14% et le 18% n'est pas rare. Mais au moins les Vosges et la Forêt Noire sont bien rangées le long du Rhin, on sait toujours où est le Nord. Juste à Nordkapp on retrouve cette même quiétude sans point d'interrogation. Je vous garantis, ça pose son homme.

Dans la montée de La Rothlach j'avais subitement entendu de loin des sifflements courts et aigus que je ne parvenais pas à identifier, que j'avais pourtant déjà entendus dans ma vie. Et hoplà, dans la clairière chauve plein sud j'ai vu des marmottes qui sont vite allées se cacher dans leurs terriers. Ce sont des marmottes d'Alsace très rares localisées juste dans cette zone. C'est la première fois que j'en vois en Alsace. A défaut de rennes j'ai des marmottes qui courent tout autant dans tous les sens. Mais les rennes sont réputés pour être les animaux à bois les plus idiots de la planète. En Laponie les Sámis m'avaient toujours dit que les rennes prenaient ma remorque pour un loup. 

Quand on se trouve sur les versants des montagnes de part et d'autre du Rhin on voit exactement sur le flanc opposé une énorme carrière de grès, celle de Saint-Nabor ou, côté "rive droite", une énorme carrière de granit celle de Seebach sous le Hornisgrinde. Ce sont mes repères géodésiques de cycliste pour mesurer la terre, à défaut des Lofoten, de Umbukta ou de Nordkapp. Il est curieux que des autorisations d'exploitation aient été délivrées pour des carrières que l'on peut voir à 100 kilomètres de distance dénaturer la ligne.

Avec cette pente qui ne dépassait jamais 12% mes jugulaires n'ont pas battu très fortement jusqu'à donner la sensation qu'elles sont audibles, contrairement aux montées dans la Forêt Noire, dans les fjords de Norvège ou du tunnel à -218 mètres sous la mer avant Nordkapp. Je n'ai pratiquement eu que de la piste cyclable depuis Strasbourg et surtout aucun connard à moto, en montagne, parce que l'on peut choisir une minuscule route goudronnée dans la montée depuis Rosheim en passant à hauteur de Grendelbruch par La Rothlach. La route était si belle que je l'ai exactement reprise pour le retour. Aujourd'hui j'ai consommé 674 Wh pour une virée de 119 km avec un D+ de 1240 mètres, soit 5,6 Wh au Kilomètre avec assistance Eco High ou un maximum de 60% ou 30 Nm en réalité jamais atteints selon mon compteur. Depuis le 22 XII 2019 j'ai fait 8618 kilomètres.

Le Col du Champ du Feu est à 1099 mètres d'altitude et le Hornisgrinde d'en face est à 1164 mètres.

 

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