Bauhaus à Dessau - 1919-2019 - le Musée du Centenaire

 

Le musée du Centenaire du Bauhaus à Dessau est exactement ce que j'en attendais.

Même si en soi j'adhère moins aux œuvres graphiques qui ne montrent pas des gens, mais c'est l'esprit artistique radical.
Je ne livre pas ici mes cours que je faisais avec mes étudiants en Design ou en Architecture mais seulement mon bavardage.

J'ai un très gros faible pour Oskar Schlemmer pour son Escalier bleu dans le Bâtiment du Bauhaus peint en 1932,
pour ses représentations de l'humain sans affect, sans affichage, mais très loin d'être vide,
et pour son Triadisches Ballet, son Ballet Triadique de 1922, qui montre que le mouvement normal est une disproportion et une indisposition.

Je vous mets avant demain mes photos de l'exposition Oskar Schlemmer que j'ai visitée à Cracovie il y a trois ans.

Je pense que Oskar Schlemmer, nommé par Walter Gropius maître des formes de l'atelier de sculpture du Bauhaus,
a montré avec ses peintures et le Ballet triadique que l'écriture habituelle du mouvement de soi,
qu'expose l'homme dans son espace qu'il s'est défini comme étant son baldaquin,
n'est qu'apocryphe car l'homme, qui ne cherche qu'à se transcender, a oublié son attraction animée dans le Tout.

L'homme s'est isolé exactement à la jonction du behaviour et de la Gestalt, s'y ment, et est incapable de se concevoir autrement
que comme un conflit entre projection, avec laquelle il se donne corps et esprit, et inspiration avec laquelle il se raconte, il se conduit, il se procure de la consistance.
Si Oskar Schlemmer était né au-dessus du Cercle Polaire il aurait été à la foi dans la peau d'un Lapon et d'un renne quelque part entre soleil et ombre
où les zéniths ne sont qu'habités par les étoiles et où les azimuths n'ont pas à avoir de sens sur l'horizontalité offerte de la toundra.

Oskar Schlemmer met en suspension, comme le peintre Edward Hopper, l'Homme. Il le dépose ailleurs, juste là où il est.

Selon les critiques d'art cette suspension de l'Humain se fait dans sa solitude pour Edward Hopper,
et pour Oskar Schlemmer elle se fait dans la Entpersönlichung soit dans la dépersonnalisation.
Un Asperger y trouve de loin compte et résonance, un tout venant y est dérangé, disgracié, affligé, évidé et regarde par contenance.

Nous ne sommes pas face à un nouveau palimpseste raffiné ou époustouflant de présences liées de leurs absences.
J'y trouve une telle élévation de l'Homme sans revendication de territorialité, de propriété mentale,
d'appartenance à du bavardage et à de l'ambiance avec une attitude.
Ici, j'éprouve un bonheur heureux qui est décortiqué avec soin de toute justification et d'attente, sans attente de l'autre mais tout autant sans révulsion.

Regardez bien son tableau avec l'escalier bleu, aucun des étudiants du Bâtiment du Bauhaus ne cherche le contact avec un autre,
ils mènent tous leur vie propre sans autre interconnexion que le lieu où ils sont en mouvement. Êtes-vous inquiets? Avez-vous peur?

Ici, c'est l'équation terrible que Oskar Schlemmer remet à sa place, celle de la douceur. Y êtes-vous prêts? Är du beredd?
Et l'équation du dessin au fusain de l'Homme qui ne demande pas d'être borné à la moindre des antennes de la conviction.
Plus personne n'a à persuader. A se contacter. A se dévaliser. Existence. Transparence. Danse.

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Il faut toute fois savoir raison garder.

L'Homme qui se sent mouvoir et être de tout son poids chez Oskar Schlemmer n'est pas l'Homme avec le savoir de son poids en correspondance avec le Tout du Lapon au-dessus du Cercle Polaire.

Pour Oskar Schlemmer ou le Bauhaus, "der Mensch ist das Maß aller Dinge - l'Homme est la mesure de toute chose".
Ceci peut conduire, et a conduit, dans le Bauhaus et aussi dans les mystères de Oskar Schlemmer à l'apogée de sa réussite, à une telle mise en culte de l'épicentralité superlative de l'Homme
qu'elle a adhéré à la thèse nazie de l'homme pur et parfait répondant à une loi organique et eugénique.
Oskar Schlemmer avait été nommé Maitre des formes dans l'atelier sculpture par Walter Gropius qui ne se cachait jamais d'être antisémite.

Schlemmer avait mis quelques années à comprendre sa déshérence dans le mal et après y avoir prêté allégeance avait brouillé de noir, de vert de bitume
ses suivantes peintures du visage et du corps pour déplaire et être rejeté par les nazis qui virent en 1937 en lui "die entartete Kunst - l'art dégénéré".
Mais à mon sens Schlemmer s'était éclaté le cerveau et n'avait plus jamais retrouvé la douceur dans la forme du silence.
Sans doute que sa vision de Idéal Humain dans un Monde nouveau, tel qu'il la professait, avait inscrit en elle depuis l'origine le toboggan vers ladite "race supérieure".
Schlemmer a fini atterré devant la violence anthropique aveuglante, occlusive et excluante.
L'escalier bleu de Oskar Schlemmer est un interrogatoire sans fin.

Mon expédition septentrionale de cet automne 2019 à vélo concourt au même questionnement,
comme à celui du croisé à son retour sur l'île de Gotland de "Det sjunde inseglet" d'Ingmar Bergman
ou du "En dåres försvarstal" d'August Strindberg (le septième sceau / le plaidoyer d'un fou).

J'ai écrit depuis un mois un roman anthropique avec le vélo. Mon vélo est ma plume héliophile emportée par ma détermination et mon ombre.
D'articles en articles la pensée se cherche et se trouve, par quelque chose en quelques points et sur quelques endroits, en dessous et au-dessus des éléments.
J'en suis étonné par la forme mais pas au fond. Je crois qu'avant tout, la bonne nouvelle est là.
Il se peut bien qu'à mon retour elle se redirige de nouveau en ma peinture ontologique avec mes pinceaux.

Je vous ai écrit deux ou trois fois depuis Helsinki que depuis que je respire je me sens être tendu sur le fil du paysage dans une gondole de téléphérique
de par laquelle personne ne me voit et de laquelle je ne regarde pas dehors, ou bien dans laquelle personne ne regarde et depuis laquelle je ne suis pas perçu.
Tout ceci plongé dans une impossibilité de phénoménalisation. Mais cette impossibilité devrait ne pas être considérée comme lacune
mais comme une nouvelle ligne de partage de deux mondes, du monde de l'être et du monde de l'apparaitre,
en sachant que lumière et ténèbre sont tout autant dans l'en-dessus que dans l'en-dessous.

Oskar Schlemmer a un raconté analogue sur lui-même: "Le noyau de mon être – mon intimité même – est enclos dans une coquille déposée par le monde extérieur.
Mon art est sans doute ce qui reflète le mieux ce noyau. Car c'est précisément dans la Forme que ce noyau, invisible et non su, se présente
."

Comme je vous ai expliqué dans mon brassage sur le champ des mégalithes d'Ale près d'Ystad, la ligne du partage des mondes est multiple,
et lumière et ténèbre sont tout autant au-dessus qu'au-dessous. C'est pourquoi j'avais élevé à Ale ce mot pluriel "ténèbres" au singulier,
car pour moi la lumière et le ténèbre se font face et s'entremêlent à égalité
dans des réseaux très denses et actifs de microcontinuités dont nous sommes maître d’œuvre et maître d'ouvrage.
Ce "s" du pluriel postposé au mot "ténèbre" est un piètre augmentatif parce que l'homme incapable d'appréhender l'ombre, le sombre,
n'a rien trouvé de mieux que d'embrouiller son discours sur son propre emplacement à la surface de la terre en fardant le mot "ténèbre" d'un pluriel qui n'est pas le sien.
La lumière omniprésente demeure à la surface dans l'imaginaire de l'homme, mais ténèbres au pluriel n'est pas la phénoménalisation de la nuit,
mais, dans l'imaginaire, de ce qui se passe sous terre sans doute près du chemin sans retour des tombes. Et alors?

Une expédition lointaine à vélo forme dans l'espace, le paysage et le pays le mouvement à l'air libre, et tout en passant devant les gens on reste au secret et sans forme mentale.
Sur ce marché, la prise de conscience et de parts sociales se matérialise mais les portefeuilles sont plus séparés que jamais que ce soit à l'étranger comme dans la région à domicile.
Le vélo et le pinceau sont une couture d'étoffes inconnues et méconnaissables.
 

Peut-être que ce voyage d'un mois à vélo m'aura permis cet automne depuis Helsinki de sonder l'agglutinant anthropique avec mes visions du dessus et du dessous du Cercle Polaire
et m'autorisera à dépeindre l'homme avec ma peinture herméneutique pour faire parler les signes et les sens qu'il se donne, qu'il oublie, délaisse et ignore.

Peut-être que cet herméneutisme de l'huile se révélera être l'anagramme de cet anthropisme par lequel l'homme enlacé et inauthentique se découd dans son banal.
L'humain est un string-shooter et de sa nasse qu'il se tisse il se raconte quelque chose qui lui paraît être assez sensible pour que ce soit son monde.
Je me sens être moi-même un anagramme qui demande le fil.

Om ni bara visste! Ce qui est bien avec la littérature, c'est que l'on se fait plaisir avec des mots.
Je suis un receveur d'impressions et un transpondeur qui ne répond pas aux lois.
J'étends l'espace entre signifiant et signifié, mais j'ai peur du langage et je l'évite car chaque mot pèse.
Avec la peinture chaque couleur est arrêtée. Pour de bon.

Voir un de mes montages vidéo, support de cours pour mes étudiants, avec l'Escalier bleu du Bâtiment du Bauhaus et avec le Ballet triadique >>> ici.

Regardez ci-dessous dans mes photos de photos la microcontinuité des doigts du photographe.

Et maintenant, insoumis, je vais me lever de table au restaurant du Bâtiment du Bauhaus, avec un air très inspiré. Mais c'est pour aller pisser.

Le 11 XI 2019 à 19h un jeune veau vivant coûte 7,99 €. Combien rapportent à la France les morts au Yémen?

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Commentaires

1. Le 2 nov. 2019, 07:58 par Thåmas

 

 

Pour clore mon Det sjunde inseglet, mon Septième sceau,
j'ai été secoué dans le lit 5 fois latéralement et le mobilier a grincé.
Il y a eu à Dessau cette nuit de ce 2 novembre à 5h 08 un léger tremblement de terre.

 

- Vem är du?

- Jag är döden.

- Kommer du för att hämta mig?

- Jag har redan länge gått vid din sida.

- Det vet jag.

- Är du beredd?

 

 

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2. Le 11 nov. 2019, 16:59 par Thåmas

Webcam au Cap Nord, le 11 XI 2019 à 12h30 >>> clic .

 

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3. Le 12 nov. 2019, 14:51 par Thåmas

Un autre tremblement de terre a eu lieu dans ma ville à Strasbourg ce mardi 12 XI 2019 à 14h37: magnitude 4.0

Pour ma part c'est le plus important tremblement de terre que j'ai connu.

Un gros bruit comme si à l'étage au-dessus s'était écroulé une lourde armoire,
et j'ai été secoué de gauche à droite sur ma chaise, étant assis au bureau devant l'ordinateur.
Toute la maison a bien bougé, ce n'était pas juste une vibration.
Si moi j'ai bougé de la tête de quelques centimètres, la flèche de la cathédrale située 160 mètres plus haut a sûrement bougé plus.

En étant assis j'ai vu le mur aller dans l'autre direction que ma tête.

D'après les scientifiques ce sont les travaux de forage géothermiques qui ont induit ce tremblement de terre. La presse locale est plus floue.
Deux nouvelles lignes entre deux fois deux mondes tentent de départager quelque chose qui nous concerne.

 

 

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